Édito

Nous abordons ce mois de novembre par la fête de Tous les Saints. Et le deuxième jour du même mois nous aurons une pensée pieuse pour tous les fidèles défunts. Ces fêtes et les visites ainsi que les prières aux cimetières me font penser au refrain d’un des célèbres poèmes du sénégalais Birago Diop: « Les morts ne sont pas morts. Ceux qui sont morts ne sont jamais partis : Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire et dans l’ombre qui s’épaissit. Les morts ne sont pas sous la terre : ils sont dans l’arbre qui frémit, ils sont dans le bois qui gémit, ils sont dans l’eau qui coule, ils sont dans l’eau qui dort, ils sont dans la case, ils sont dans la foule : les morts ne sont pas morts ». (Birago Diop, « Les Souffles », les Contes d’Amadou Koumba, Paris, Présence Africaine, 1961, pp. 173-175, 1° édition 1947).

Vous aurez compris que ce qui m’intéresse n’est pas tant là où le poète africain les croit, mais bien plutôt la confession que les morts ne sont pas morts, ne sont pas partis. Dans ma foi qui est bien la vôtre et celle de l’Église est qu’ils sont dans la vie. Mais cette pensée de Pierre Trévet, Curé de Saint-Laurent (Le Puy-en Velay) me parle plus: « Les Morts ne sont pas ceux qu’on croit » puisque pour nous chrétiens, la qualité de la vie de ces morts les dispose à une vie bienheureuse, celle à laquelle Dieu nous appelle. Son Fils Jésus est la Vie en plénitude. Avec lui, l’horizon terrestre de la vie s’ouvre à la vie éternelle. Ses paroles et ses gestes indiquent la vie qui ne finit pas, mais qui se vit autrement. Il l’a montré par la réanimation vitale de la fille de Jaïre, du fils unique de la veuve de Naïm et de Lazare, et finalement par sa Passion, sa mort et sa résurrection. Ce sont des indices qui révèlent qu’Il est Dieu, que notre vie ne s’achève pas sur notre horizon terrestre et qu’Il est même capable de la transformer en vie et en joie éternelles. Un verset du Psaume le chante d’ailleurs : « Pour moi tu as changé le deuil en une danse, tu dénouas mon sac et me ceignis d’allégresse ; aussi mon cœur te chantera sans plus se taire, Yahvé mon Dieu, je te louerai à jamais » (Psaume 30, 12).

Les saints que nous fêtons en ce début novembre sont ceux-là qui ont accepté et qui acceptent que la Vie entre dans leur vie et non pas la mort. Soyons convaincus qu’avec Jésus, la vie est éternelle et que notre mort terrestre n’est que ce passage vers la Vie. Notre repos, signifié dans les cimetières par l’expression "Ici repose" sur les tombes, n’est qu’un sommeil en vue du réveil. Prions avec tous les saints, afin que tous les fidèles défunts connaissent le réveil en Dieu !
Le dernier dimanche du mois de novembre, solennité de Christ-Roi de l’univers, fin de l’année liturgique, Jésus, à travers son grand discours public, annonce qu’au milieu des « temps de détresse » Il « vient » rassembler tous les hommes pour une vie heureuse, cela au prix de sa propre vie : sa Passion, sa mort et sa résurrection.
P. Frédéric

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