Édito

Le mystère de l’Incarnation est inouï et déroutant ! Comment est-il possible qu’un Dieu si transcendant, si puissant, si infiniment grand puisse contenir dans le sein d’une jeune fille, vouée elle, à la finitude jusqu’à être né dans une mangeoire ? Comment l’Incarnation, Dieu qui est pur Esprit a pu prendre chair dans la chair d’une jeune fille et a pu naître dans une mangeoire ? Et pourquoi sa naissance a-t-elle été d’abord révélée aux bergers ? Ce que Jean Delumeau écrit à propos de l’Incarnation pourrait nous éclairer : « Dieu est tellement transcendant qu’il a pu transcender sa transcendance pour venir vivre avec nous ». Vivre avec nous, oui mais, pourquoi parmi les pauvres ? N’est-ce pas pour les enrichir de sa richesse d’amour ? Ces pauvres gens sont bien représentés par les bergers qui sont à l’écart de la vie commune, à l’écart d’Israël et de son temple pour garder leurs brebis, leurs agneaux. Ce sont des pauvres, les plus pauvres de leur monde. Mais ce qui est intéressant chez ces pauvres, ils attendent tout de Dieu.

N’est-ce pas d’ailleurs ce que veut dire Anawim, les pauvres de Yahwhe qui attendent la réalisation des prophéties ? « Ils attendent eux aussi, nuit et jour que la promesse faite à Israël se réalise ». Ils ont en souvenir ce qu’avaient annoncé Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et bien d’autres prophètes encore : « Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le plus petit des chefs-lieux de Juda : car c’est de toi que sortira le chef qui fera paître Israël, mon peuple ». Ce qu’il y a de faible au monde, n’est-ce pas ce dont Dieu se sert pour confondre les puissants ? Le choix préférentiel des oubliés, des pauvres, des sans-logis donne le sens du mystère de l’Incarnation et nous engage à les intégrer, à les écouter dans nos projets de sociétés. Dieu en s’abaissant lui-même jusqu’à épouser notre humanité pour devenir un de nous, réhabilite les pauvres que nous sommes et nous donne de voir autrement la condition humaine. Le corps qu’il habite désormais n’est plus le tombeau de l’âme, mais bientôt l’expression de ce que nous sommes : son image et sa ressemblance. C’est donc avec ce que nous sommes que nous devons nous laisser guider par l’ange de Dieu dans chacune de nos vies. Ce mystère du Nouveau-né couché dans une mangeoire nous met en chemin, à la suite des bergers pour annoncer les merveilles de Dieu sur terre, en intégrant dans nos vies les moins nantis que nous. Ce beau mystère se chante et se vit en famille, en imitation de la Sainte famille de Nazareth et se déploie dans la solennité de l’Epiphanie, Manifestation de Dieu au monde entier. Avec son baptême, Jésus sort de sa vie privée pour embrasser sa mission salvatrice avec ce discours programme : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a consacré. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres… ». L’Incarnation fait donc de nous, à l’exemple de Dieu en Jésus, des missionnaires avec l’Eglise Notre Mère. Dans cette mission, Marie, Etoile de la nouvelle évangélisation reste un modèle : « elle retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur ». La visite des crèches dans nos églises et dans nos maisons jusqu’au 2 février, fête de la Chandeleur ou de la Présentation de Jésus au Temple nous aidera à mieux méditer notre "identité de disciple missionnaire". La mission évangélisatrice est tellement urgente que l’Apôtre Paul écrit : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile ». Je vous réitère à tous une Année de grâces et de bénédictions, par l’intercession de Paul dont la Conversion est fêtée le 25 janvier. Avec lui et avec Marie, prions pour la paix dans le monde (1er Janvier, Journée mondiale de la paix), engageons-nous en tant que disciples missionnaires à trouver des conditions meilleures aux migrants et aux réfugiés (14 janvier, Journée mondiale du migrant et du réfugié) et à favoriser l’unité des chrétiens (18 au 25 janvier, Semaine de prière pour l’unité des chrétiens). Enfin, mobilisons-nous pour l’éradication totale de la lèpre et de beaucoup d’autres maladies (28 janvier, Journée mondiale des lépreux).

Père Frédéric

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